Le succès de l’Espace Culturel Buisson n’est plus à démontrer. Comment un tel projet a-t-il vu le jour ?
Patrick Leroux : Dès notre arrivée à la mairie, en 1995, fort du succès rencontré dans des manifestations comme Cinémusique, nous avons souhaité mettre en place un projet qui inclut à la fois l’aménagement d’une salle de spectacle mais qui soit aussi un lieu de pratiques culturelles. Cela nous permettait de répondre à la fois aux demandes du public désireux de découvrir des artistes sur scène et du monde associatif, très présent à Tourlaville.
Le projet a toutefois mis plusieurs années à se concrétiser …
Patrick Leroux : C’est vrai, mais c’était un dossier à la fois original et complexe. Pour être sûrs de répondre aux attentes, nous avons lancé une étude en 1998. Ont été consultés les représentants du monde économique, les acteurs associatifs, les élus, les jeunes. Petit à petit, le projet Buisson s’est dessiné. Nous sommes parvenus à sauvegarder le patrimoine en conservant l’ancienne salle Ferdinand Buisson et nous l’avons dotée des équipements suffisants pour qu’elle remplisse complètement son rôle pédagogique et crée des synergies entre les différentes associations. Ce qui est précisément le cas aujourd’hui.
L’Espace Culturel Buisson fait l’unanimité. Pour l’aménager, la ville a consacré plus de 5 millions d’euros. Participe t-elle aujourd’hui à son fonctionnement ?
Patrick Leroux : Absolument, et là encore, il s’agit bien d’une volonté politique forte. L’Espace Culturel Buisson a besoin chaque année de 400 000 euros pour fonctionner. C’est grâce à cela que plus de six cent personnes peuvent fréquenter les ateliers et près de 5 000 spectateurs assister aux représentations.
Pour animer les ateliers, vous lancez tous les ans un appel d’offre ?
Patrick Leroux : Tout à fait. Afin que les choses ne restent pas figées, nous lançons chaque année un appel d’offre aux associations. Elles doivent s’engager à donner un certain nombre d’heures de cours, afficher la disponibilité des enseignants, offrir certaines spécificités …
Quel bilan peut-on tirer après cinq années de fonctionnement ?
Patrick Leroux : Le succès que nous obtenons est presque inespéré. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. C’est, pour nous, une satisfaction immense. Nous avons fait les bons choix. Nous avions toujours eu l’ambition de valoriser une véritable culture populaire et d’inviter les gens à travailler ensemble. Buisson va au-delà de nos espérances.
Tous les spectacles proposés à l’Espace Culturel Buisson affichent complet dès le début de la saison. Envisager un agrandissement de la salle est-il raisonnable ?
Patrick Leroux : Non, l’Espace Culturel Buisson est dimensionné pour une commune comme la nôtre. Plutôt que d’agrandir la salle, on préfère très nettement doubler les spectacles. Concernant la gestion aussi bien des ateliers que de la salle de spectacle, nous avons choisi de donner les clés à une équipe jeune capable d’impulser une dynamique. Elle a parfaitement rempli sa mission.
